La Grand-Messe de Gilles Vigneault, expérience d’une choriste participante

20 octobre 2008

Je désire remercier sincèrement MM. Gilles Vigneault et Bruno Fecteau pour la belle musique qu’ils ont écrite, et que j’ai eu le privilège de créer les 17 et 19 octobre derniers au Palais Montcalm, en tant que membre du choeur de l’Orchestre symphonique de Québec. 

Si, durant les premières pratiques, le tout semblait mystérieux et illogique en raison d’une partition limitée aux quatre voix chorales, dès que le tout s’est mis en place durant les
répétitions collectives (choeur, solistes et orchestre), j’ai été ravie de ce que j’ai entendu.

Ayant été échaudée par plusieurs compositions contemporaines trop expérimentales, j’avais quelques doutes concernant ce projet, mais j’ai été vite rassurée par la structure même de la Grand-Messe et fascinée par les traits apportés par M. Fecteau, notamment:

> l’Ouverture qui, comme pour plusieurs opéras, reprend un à un les différents
thèmes qu’on doit entendre par la suite;

> l’utilisation de la «pédale» pour accompagner les premières mesures de l’Introït;

> l’insertion d’un cantus firmus au Kyrie, tandis que le quatuor soliste y va d’une prière de pénitence pleine de simplicité;

> un beau clin d’oeil à la musique rythmée du répertoire de M. Vigneault à l’Alléluïa, bien défendu par le violon solo de Catherine Dallaire et un bloc sonore qui marquait le tempo;

> un Ave Maria tout francophone, recueilli, avec les cordes en sourdine et une belle exécution du cor anglais d’Hélène Déry – je tiens à saluer la basse Olivier Laquerre, qui est parvenu à chanter en dépit d’un vilain rhume;

> la combinaison des langues grecque, latine, française et innu dans la partition;

> l’utilisation de la gamme pentatonique au Sanctus, qui ajoutait un trait oriental à la volée de cloches de l’orchestre et du choeur;

> l’Agnus Dei chanté à l’unisson et a capella par le choeur d’un bout à l’autre, ce qui
représentait pour nos voix tout un défi;

> le retour au baroque et au continuo, avec une magnifique adaptation de la prière du centenier, interprétée par le haute-contre Daniel Taylor, accompagné d’un luth, du violoncelle de Blair
Lofgren et — surprise!! — de l’alto de François Paradis,  chapeau, messieurs!!

> la belle fugue jouée par les cordes avant la finale toute en decrescendo à l’Ite Missa Est, qui a laissé un court moment de silence avant que le public ne fasse entendre son appréciation.

En clair, on a conservé la forme «classique» de la musique, ce qui rend l’oeuvre plus
accessible que je ne l’avais cru au départ. En ce qui me concerne, c’était la première fois que je chantais au Palais Montcalm depuis ses rénovations. J’ai été un peu déroutée de la position très élevée des choristes par rapport à l’orchestre, en effet nous étions à plus de deux mètres du plancher, placés au balcon derrière la scène. Ajoutez à cela le manque de réverbération de la salle, et il a fallu faire abstraction de la rythmique que nous entendions et nous fier uniquement au visuel, c’est-à-dire à la battue du chef Richard Lee, que je salue en passant et avec qui j’ai pu travailler pour la première fois depuis qu’il a débuté son stage comme assistant-chef de l’OSQ.

Le 17 octobre au soir, il y a eu beaucoup de discours, et après l’entracte la remise de la médaille de la Ville de Québec à Gilles Vigneault par le maire Régis Labeaume, ce qui a fait
que nous n’avons commencé à chanter qu’à 21h45 ou 50. De toute évidence, M. Vigneault est très aimé, et ce fut un privilège que de chanter son oeuvre en sa présence. Visiblement, il était très ému.

Le concert sera rediffusé sur Espace Musique le 27 octobre à 20h, et un disque doit sortir en novembre. Je vous le recommande personnellement.

En première partie, les chanteurs Paule Andrée Cassidy, Stéphane Côté et Claude Vallières ont offert au public une douzaine de chansons de Gilles Vigneault accompagnées par l’orchestre et une section rythmique. La sélection incluait notamment Jos
Montferrand
, Il me reste un pays et Les gens de mon pays.

Festival des musiques sacrées de Québec
Salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm, les 17 et 19 octobre 2008
Orchestre symphonique de Québec
Richard Lee, chef d’orchestre
Paule Andrée Cassidy, Stéphane Côté et Claude Vallières, chanteurs
Suzie LeBlanc, soprano
Daniel Taylor, haute-contre
Antoine Bélanger, ténor
Olivier Laquerre, basse
Choeur de l’Orchestre symphonique de Québec, préparé par David Rompré

Au programme:
Chansons de Gilles Vigneault
La Grand-Messe, de Gilles Vigneault et Bruno Fecteau

Publicités

2 Responses to “La Grand-Messe de Gilles Vigneault, expérience d’une choriste participante”

  1. Isabelle Says:

    Bonjour à vous ,
     
    Je recherche justement la partition de la Grand-Messe de Vigneault-Fecteau . Pourriez-vous m\’aider en me disant comment vous l\’avez obtenu , svp ? S\’il y a une maison d\’éditions ou des informations sur votre partition ? Je vous remercie cordialement à l\’avance ,
     
    Isabelle Carle
    514-252-3020 # 3593

  2. Jacques Says:

    J\’ai eu le plaisir d\’assister à cette grand-messe de Gilles Vigneault. En première partie, les chansons de Vigneault furent interprétées avec brio. De grandes émotions m\’ont traversé. Y-a-t-il possibilité d\’obtenir un enregistrement de cette première partie?. Je suis très intéressé.Jacques


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s